samedi 27 juin 2009

Bérurier Noir

Nom :
Bérurier Noir
Label :
Folklore De La Zone Mondiale
Nationalité :
Française
Genre :
Punk
Naissance :
1978









Biographie :

« Combien êtes-vous dans la salle ? Formez des groupes de rock... LIBRES ! ». Ces derniers mots lâchés par François à la fin de la dernière nuit noire bérurière, le 11 novembre 1989, résonne comme un passage de témoin entre deux générations. Deux époques, deux visions du monde également. Car le paysage musical français est bien différent dix années auparavant. Si la vague punk britannique a su faire quelques émules de ce côté-ci de la Manche (Starshooter et surtout Métal Urbain), la jeunesse hexagonale préfère encore s’enthousiasmer pour des formations plus consensuels (Téléphone), laissant aux seuls Trust le soin de cracher révolte et mépris sur ces années Giscardiennes. Le climat social est mauvais, le chômage augmente, en banlieue les cités-dortoirs se transforment en ghettos, et l’on commence déjà à pointer du doigt les délires urbanistes des années 60/70. C’est dans ce climat maussade que François rejoint en 1980 Olaf et Pierrot, rescapés du quintet chaotique de la première époque. Le groupe est baptisé du nom du célèbre bras droit du commissaire San Antonio, incarnation de tout les maux du beauf’ moyen : con, raciste, borné, grande gueule, porté sur le sexe et la bouteille, en bref une caricature à échelle humaine de ce qu’une société civilisée peut engendrer de pire. Une foultitude de défauts contrebalancée par une faconde intarissable et un humour désopilant.

Le trio s’adjoint d’une boite à rythmes, une Electro-Harmonix D.R.M. 16 baptisée Dédé en guise d’organe rythmique. Les concerts s’enchaînent dans les squatts du XIXe et du XXe ainsi qu’en banlieue. Mais si le groupe commence à étoffer un répertoire encore bien léger, il n’est jamais bien loin d’un chaos fatal. Ainsi, Pierrot gravement accro à l’alcool est envoyé en cure de désintoxication, puis sous les drapeaux, avant d’être interné en hôpital psychiatrique. En matérialisant l’inhumanité d’un système où la force et l’aliénation physique et psychiques font loi, la descente aux enfers de Pierrot va dès lors stigmatiser nombre des futurs discours Béruréens. Pour pallier à cette défection forcée, les deux rescapés font appel au guitariste de Guernica, Loran, qui devient rapidement la seconde moitié des Bérus lorsqu’Olaf quitte à son tour le navire en 1982. Réduits à un simple duo, François et Loran décident de suicider Bérurier lors d’un ultime concert à l’Usine Pali-Kao.

Baptisé pour cette funeste circonstance Bérurier Noir, le groupe surprend son auditoire par un show spontané et original. Une prestation théâtrale au cours de laquelle François intronise les célèbres déguisements, masques et autres ustensiles qui deviendront la marque de fabrique du groupe. La performance, ce soir-là, subjugue un public qui, contre toute attente, en redemande. En ce 19 février 1983, Pali-Kao signe donc d’une main l’acte de décès de Bérurier tout en saluant de l’autre la naissance des Bérurier Noir. Le nom ne tarde guère à faire le tour d’un underground parisien qui se presse aux concerts toujours plus furax du binôme masqué. En mars, celui-ci entre au Studio Mesa pour y enregistrer un album dix titres mais juge au final la production bien trop propre. Loran et François décident néanmoins de garder quatre d’entre eux, « Nada », « La mort au choix », « Bûcherons » et le déjà très culte « Amputé », en vue d’un split maxi-45 tour avec Guernica...


Texte de Stephane Leguay, à découvrir sur le site officiel,
Bérurier Noir




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